8 femmes...

8 femmes...
Tout d'abord laissez-moi vous parler de ce film de François Ozon, qui a bouleversé la façon de joué au cinéma une pièce de théâtre...

# Posté le mardi 30 août 2005 17:00

AU DEPART...

AU DEPART...
Au départ, 8femmes est une pièce de théâtre de Robert Thomas, un auteur très populaire en théâtre pendant les années 60...
Voilà ce que François Ozon en dit :

Depuis longtemps, l'idée de faire un film interprété uniquement par des femmes me trottait en tête. Revoyant dernièrement le WOMEN de George Cukor, je me suis renseigné sur les droits de la pièce dont il s'était inspiré. J'appris très vite que les droits de remake étaient déjà retenus depuis quelques années à Hollywood, par Julia Roberts et Meg Ryan.

J'ai donc abandonné mon projet d'un WOMEN"à la française", mais grâce à l'aide de Dominique Besnéhard, j'ai découvert une pièce policière des années 60 : 8 FEMMES écrite par Robert Thomas, écrivain tombé dans l'oubli, mais qui connu son heure de gloire dans le théâtre de boulevard des années 70, et fit fortune grâce à l'achat d'une autre de ses pièces par Alfred Hitchcock, qui voulait l'adapter au cinéma mais mourut hélas trop tôt pour le faire.

8 FEMMES m'a tout de suite semblé idéal pour ce projet d'un film au féminin. De la pièce, j'ai retenu essentiellement la situation et l'intrigue policière que j'ai simplifiée. J'ai essayé par ailleurs de renforcer l'humour, tout en apportant de la profondeur aux personnages et en rendant plus complexes et modernes les rivalités et relations familiales entre ces huit femmes.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 31 août 2005 16:55

Modifié le dimanche 03 juin 2007 15:54

AU DEPART...

AU DEPART...
Je souhaitais faire une comédie, doublée d'un suspense policier classique renvoyant aux intrigues à la Agatha Christie et rappelant les films de huis clos où le meurtrier fait partie du groupe. Mais derrière cette lecture au premier degré, j'ai voulu engager une réflexion légère et amusante sur la féminité, les actrices, les rapports de classe et les secrets de famille.

Comme pour GOUTTES D'EAU SUR PIERRES BRULANTES adapté d'une pièce de Rainer Werner Fassbinder, il s'agit d'un film anti-naturaliste, qui privilégie la stylisation et l'artifice au profit de la beauté et du glamour féminins. Toutes les actrices devaient être belles et faire rêver les spectateurs, les cruautés et horreurs qu'elles s'adressent n'en ont que plus d'éclat, de valeur et d'étrangeté.

Situer l'action dans les années 50 a permis de rendre plus crédible la situation extravagante de ces huit femmes en cage, ainsi que les rebondissements rocambolesques qui se produisent, comme autant d'effets d'artifices. Mais plus que les années 50 françaises, souvent en noir et blanc dans les films sombres de Julien Duvivier, Jean Delannoy et autres Claude Autant-Lara, les références viennent plus des couleurs du Technicolor des comédies musicales de Vincente Minnelli ou des mélos flamboyants de Douglas Sirk.

Les chansons, reprises par les actrices du film sur des arrangements des années 50, participent à ce travail de distanciation, et permettent à chaque personnage féminin de dévoiler son intériorité, comme dans un monologue à la fois émouvant et comique.

# Posté le mercredi 31 août 2005 16:56

Modifié le samedi 10 septembre 2005 16:17

CE QUE JE PENSE DU FILM...

CE QUE JE PENSE DU FILM...
Avant tout, le plaisir. La jubilation de voir, par exemple, Isabelle Huppert composer, avec outrance et humour, une vieille fille à lunettes, gourmande et frustrée (gourmande parce que frustrée). Ou Fanny Ardant, tout de rouge et noir vêtue, ôter ses longs gants, reprenant le strip-tease érotique immortalisé par Rita Hayworth dans Gilda.

Et on imagine bien - puisqu'on la partage - la joie de François Ozon d'avoir réuni ses huit comédiennes. Un second rôle (Firmine Richard). Une jeune actrice, Ludivine Sagnier, qu'il avait déjà dirigée dans Gouttes d'eau sur pierres brûlantes. Une légende du cinéma français, Danielle Darrieux, à qui il rend hommage en la plaçant en tête de son générique. Et, en rafale, cinq stars : Deneuve, Ardant, Huppert, Béart, Ledoyen.

Visiblement, ce ne sont pas les personnages de l'histoire qui ont intéressé François Ozon. Mais ces femmes, ces actrices. La fausse réserve de l'une, la fausse insolence de l'autre. Leur démarche. Leurs voix, musicales, s'opposant ou s'épousant.

Le plus souvent, on demande aux comédiens de se glisser dans un rôle. Le réalisateur a exigé le contraire de ses actrices. A elles d'emplir ces silhouettes de leur présence. Ne pas hésiter à s'amuser. A exagérer. A faire en sorte que le spectateur n'oublie pas un instant où il est : dans une salle de cinéma, en train de les contempler, elles, ces actrices qui l'ont fait rêver depuis peu, depuis longtemps, depuis toujours.

On est à cent lieues du réalisme, de la vraisemblance, du naturel. Ozon joue sur la volupté de l'artifice, quand il lui échappe, précisément, quand l'artifice devient une sorte d'art. Entre kitsch et nostalgie. De la rigueur rigolote (mais il en faut, de la rigueur, pour être rigolo).

C'est dire que l'intrigue (inspirée d'un gros succès boulevardier de Robert Thomas) n'a qu'une importance relative. C'est le fameux "McGuffin" de Hitchcock : un prétexte. Ici, il s'agit d'un meurtre. Dans les années 50, la veille de Noël, dans une propriété cernée par la neige, survient la jeune fille de la maison. Tout habillée de rose Vichy, elle débarque de Londres, où elle fait ses études. Elle retrouve sa soeur cadette (fan de polars), sa mère (l'élégance même), sa grand-mère (avaricieuse), sa tante (acariâtre), la servante noire qui l'a élevée et une nouvelle femme de chambre, dont les yeux baissés cachent mal l'insolence.

Passé les effusions, on s'étonne que le maître de maison ne se soit pas manifesté. Il en est bien incapable, puisqu'il gît dans son lit, un poignard dans le dos. Horreur ! Terreur ! Les fils du téléphone sont coupés : impossible de prévenir la police. Comment, d'ailleurs, pourrait-elle agir, puisque la neige isole la demeure, chaque minute davantage.

Pourtant, dans le parc solitaire et glacé, quelqu'un s'avance vers les femmes terrorisées, serrées l'une contre l'autre : serait-ce l'assassin qui revient sur le lieu du crime ? Ouf, il s'agit de la soeur du défunt, alertée, comme c'est étrange, par un coup de fil anonyme. Elle prétend ne pas connaître la maison, mais, comme c'est bizarre, elle se dirige droit vers la chambre de son frère... L'assassin ne peut qu'être l'une des huit femmes, c'est sûr. Elles vont se livrer, contraintes et forcées, à une enquête à la Agatha Christie, chacune révélant un mobile pour avoir tué...

Comme il s'agit d'abord d'un jeu, François Ozon accentue ­ à mort, si l'on ose écrire ­ la sophistication. Ainsi, chacune des actrices est-elle, dès le départ, définie par une fleur. Puis par une couleur (rouge pour Ardant, vert pour Huppert, mauve pour Darrieux). Pour accentuer l'irréalisme, il a l'idée d'interrompre l'action par de petits intermèdes chantés et dansés. C'est Ludivine Sagnier qui ouvre le feu en interprétant un succès yé-yé, Papa, t'es plus dans l'coup, avec Catherine Deneuve et Virginie Ledoyen en chorus girls : ça vaut le coup d'oeil ! Puis c'est au tour d'Isabelle Huppert, tragique soudain, entre deux répliques vipérines, d'entonner le Message personnel, composé par Michel Berger pour Françoise Hardy.

Un humour plaisant, inhabituel en France, un humour noir, très british, imprègne le film. D'où ce dialogue incongru entre Deneuve et Ludivine Sagnier, sa fille : "Va chercher ta grand-mère dans le placard de la cuisine. ­ Mamie ? Dans le placard ? ­ Oui, elle y finit sa sieste !"

Dans ces moments, on retrouve ­ après le lyrisme apaisé de Sous le sable - Ozon, l'affreux jojo, le pourfendeur de la morale réac qu'avaient révélé son moyen métrage, Regarde la mer, et son premier long, Sitcom. Mais Sitcom cédait à une provoc potache assez niaise, et l'hommage au surréalisme y était appuyé et maladroit. La réussite de 8 Femmes tient à ce que les secrets monstrueux de cette famille sont révélés en une série de coups de théâtre si désarmants qu'ils en deviennent presque naturels. Ozon n'y va pourtant pas de main morte : crapuleries, extorsions, homosexualité, meurtre, inceste, sadomasochisme (avec le personnage d'Emmanuelle Béart, étonnante en femme de chambre soumise à l'autorité d'une maîtresse dont elle voudrait être l'amante).

Ces fantasmes deviennent burlesques par leur outrance même. Aussi savoureux que les références cinématographiques dont le metteur en scène parsème son film. Ce salon aux tapisseries insensées évoque, de toute évidence, les intérieurs cossus du Hollywood de jadis. Le grand escalier, ne serait-ce pas, cadré autrement, celui de Soupçons, de Hitchcock ? La coiffure de Catherine Deneuve évoque Lana Turner dans Le Mirage de la vie, de Douglas Sirk. Son portrait sur le mur, c'est presque Laura, de Preminger. Et les bottines d'Emmanuelle Béart rappellent Le Journal d'une femme de chambre, de Buñuel.

Mais, loin de plomber le spectateur, toutes ces allusions ajoutent au spectacle. Elles le vivifient, le magnifient. Ozon s'est rabattu sur la pièce de Robert Thomas - qu'il a vigoureusement remaniée ­ parce qu'il n'avait pas réussi à racheter les droits de Femmes, de George Cukor. Film brillantissime qui reposait sur une méchanceté suave et une misogynie assumée. Ozon a gardé la méchanceté suave, mais remplacé la misogynie par une tendresse discrète.

Ces femmes sont seules. Parce que les mecs, ils sont morts ou partis. Mais vivants et présents, on devine qu'ils ne valaient pas bien cher. Lâches, vils, voleurs, trompeurs. Comment s'étonner, alors, que certaines essaient de trouver, auprès d'autres femmes, des sentiments que les hommes ne peuvent leur donner. Ce qui nous vaut une des plus belles séquences du film : des jambes qui s'emmêlent, une bagarre finissant par un baiser. Une étreinte ébauchée, sur un tapis sang et noir, entre une femme vêtue de "rouge optimiste" (teinte signée Christian Dior) et une autre, dans une robe magnifique, d'une couleur au nom curieux : "bleu canard"...

Que nous disent-elles, ces femmes, lorsqu'elles se révèlent par les chansons qu'elles entonnent ? "A quoi ça sert de vivre libre, si on vit sans amour ?" : ça, c'est Fanny Ardant. "Je suis seule à crever, préparez votre temps. Pour vous, j'ai tout le mien" : c'est Isabelle Huppert. "Pour ne pas vivre seule, je t'aime et je t'attends pour avoir l'illusion de ne pas vivre seule" : Firmine Richard. "Je te pardonne et toi, jamais" : Deneuve.

La morale de cette histoire immorale, c'est Danielle Darrieux qui la donne. Elle qui a toujours su, en une fraction de seconde, passer de la gaieté fragile à la gravité légère glisse à l'oreille de Ludivine Sagnier, sa petite-fille de cinéma : "Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard. Que pleurent, dans la nuit, nos coeurs à l'unisson." Des vers d'Aragon, mis en musique par Brassens. Et résonne, alors, cette chanson superbe : "Il n'y a pas d'amour heureux"...

Et puis Darrieux, la plus âgée de la troupe, conduit la plus jeune vers ses partenaires. Elles nous font face, ces huit femmes, elles nous regardent longuement. Enfermées dans cette demeure asphyxiante. Entre elles. En elles-mêmes. Sans issue de secours. Sans espoir. Huit femmes seules, à jamais.

# Posté le mercredi 31 août 2005 17:02

Modifié le samedi 10 septembre 2005 16:33

INTERVIEW DE FRANCOIS OZON...

INTERVIEW DE FRANCOIS OZON...
En seulement dix films (cinq courts-métrages et cinq longs, dont « Goutte d'eau sur pierres brûlantes » avec Bernard Giraudeau et «Sous le sable » avec Charlotte Rampling) le jeune François Ozon (34 ans) a réussit à s'imposer dans la cour des grands. Rien ne semblent résister à ce provocateur qui a réussit à imposer son style, passant de la comédie déjantée ("Gouttes d'eau sur pierre brûlantes", 1999) au film gore ("Les amants criminels", 1998) sans omettre l'humour décapant ("Sitcom", 1997).
Dans « Huit femmes », il a dirigé la crème des actrices françaises : Catherine Deneuve (« Indochine », « Le dernier métro », « Dancer In the dark », « Les demoiselles de Rochefort »), Virginie Ledoyen (« De l'amour », « La plage »), l'étonnante Isabelle Huppert (« La pianiste », « Merci pour le chocolat »), Firmine Richard (« Romuald et Juliette » avec Daniel Auteuil), Emmanuelle Béart (« Les destinées sentimentales », « Jean de Florette »), Ludivine Sagnier (« Gouttes d'eaux sur pierres brûlantes ») et Fanny Ardant (« Pédale Douce »).Rien que ça.

Teint hâlé, sourire en coin. Rencontre avec un homme décontracté et confiant en lui-même.

Ecran Noir : D'où vous est venu l'idée de faire ce film ?
François Ozon : « Depuis longtemps l'idée de faire un film sur les femmes me trottait dans la tête. J'ai revu dernièrement le « Women » de George Cukor et me suis alors renseigné sur les droits de la pièce dont il s'était inspiré. J'appris très vite que les droits du remake étaient déjà retenus à Hollywood depuis quelques années par Meg Ryan et Julia Roberts. J'ai donc abandonné mon idée d'un « Women » à la française mais grâce à l'aide de Dominique Besnéhard j'ai découvert une pièce policière des années 60. : « Huit femmes » de Robert Thomas, écrivain tombé dans en désuétude mais qui connut son heure de gloire dans le théâtre de boulevard des années 70. Il fit fortune grâce à l'achat d'une des ses autres pièces par Alfred Hitchcock qui voulut l'adapter au cinéma mais mourut trop top pour le réaliser.
« Huit femmes » m'a tout de suite semblé idéal pour ce projet d'un film au féminin. De la pièce j'ai retenu essentiellement la situation et l'intrigue policière que j'ai simplifiée. J'ai essayé par ailleurs de renforcer l'humour tout en apportant de la profondeur aux personnages et en rendant plus complexes et modernes les rivalités et les relations familiales entre ces huit femmes.».

E.N : Quelle était votre volonté première en réalisant ce film ?
François Ozon : « Avec huit femmes je souhaitais réaliser un portrait de groupe et non pas me concentrer sur chaque individualité, sur chaque actrice. J'ai transformé la pièce de théâtre, en la rendant plus vivante, plus amusante. Je souhaitais faire une comédie doublée d'un suspense policier classique renvoyant aux intrigues à la Agatha Christie et rappelant les films de huit clos où le meurtrier fait partie du groupe. Mais derrière cette lecture au premier degré j'ai voulu engager une réflexion légère et amusante sur la féminité ...
Je voulais ainsi atteindre une autre dimension qu'un simple Cluedo, un récit policier foncièrement intriguant pour le spectateur. Et dépeindre le portrait d'une famille, des femmes et accessoirement réaliser une allégorie sur le monde du cinéma. »

E. N : Au générique chaque femme est symbolisée par une fleur ...
François Ozon : « J'ai en effet associé pour chaque actrice une fleur : par exemple Firmine Richard est associée à un tournesol. Au départ chaque actrice devait être symbolisée par une volaille. Emmanuelle Béart devait être ainsi une dinde ...(rires). Puis je me suis très vite ravisé, j'ai préféré être plus galant...
La fleur fait davantage travailler l'imagination, joue l'aspect métaphorique. Rien n'est hasard : la blancheur de la pâquerette d'Emmanuelle Béart évoque bien évidemment la pureté. Cependant je n'ai pas voulu trop insister sur les allégories, ce n'était pas ma volonté première. J'ai simplement demandé à Catherine Deneuve quelques conseils, car elle adore la botanique...»

E.N : L'attrait du film réside essentiellement sur le côté star de chaque actrice ...
François Ozon : « Je ne suis pas d'accord. Il me tarde que le film soit diffusé à l'étranger, afin que « Huit femmes » soit davantage perçu comme un film de femmes qu'une œuvre avec huit stars. Certes, je joue sur leur image, sur la classe de Catherine Deneuve, la fragilité d'Emmanuelle Béart, la bonhomie de Firmine Richard, l'élégance de Fanny Ardant, la beauté naturelle de Virginie Ledoyen. Mais j'ai surtout choisit chacune d'entre elle pour leur talent. Chaque personnage féminin révèle une nouvelle facette au cours du film à l'instar du crêpage de chignon entre Ardant et Deneuve. Toutes veulent sauver leur peau.
Comme pour « Gouttes d'eau sur pierres brûlantes » adapté d'une pièce de Rainer Werner Fassbinder, « Huit femmes » est un film anti-naturaliste qui privilégie l'artifice au profit de la beauté et du glamour féminin. Toutes les actrices devaient être belles et faire rêver le spectateur. Les cruautés et les horreurs qu'elles s'adressent n'ont plus que d'éclat d'étrangeté et de valeur ».

E.N : Vos films ne sont pas dénués d'une certaine forme insolence. « Huit femmes » ne fait pas exception ...
François Ozon : « Mais les actrices ne demandent que çà ! Je crois que les femmes sont prêtes à prendre davantage de risques que les hommes. Je ne crois pas que nous aurions tourné des acteurs, car ils ont en général un ego plus démesuré.
L'insolence est ici justifié à mon sens. « Huit femmes » se veut drôle, acide voir grinçant. L'escalade dans l'horreur, comme la bouteille qui frappe le crâne de Danielle Darrieux, doit être jouissive pour le spectateur. Si toutes les actrices étaient de gentilles fleurs se serait ennuyeux ... »

E N : Pourquoi avoir situé l'action dans les années cinquante ?
François Ozon : « Situer l'action dans les années cinquante a permit de rendre plus crédible la situation extravagante de ses femmes en cage, ainsi que les rebondissement rocambolesques qui se produisent, qui sont perçus comme autant d'effets d'artifices.
Mais plus que les années cinquante françaises, souvent en noir et blanc dans les films sombres de Julien Duvivier et autres Claude Autant-Lara, mes références viennent plus des mélos flamboyants de Douglas Sirk et des couleurs du Technicolor des comédies musicales de Vincente Minnelli. »

E.N : Chaque personnage a droit à sa chansonnette ...
François Ozon : « Les chansons reprisent par les actrices du film sur des arrangements des années cinquante participent à ce travail de distanciation et permettent à chaque personnage féminin de dévoiler son intériorité comme dans un monologue à la fois drôle et émouvant.
Je souhaitais faire plaisir au spectateur, sans aucune volonté de coller à la réalité des années
cinquante. J'avais bien conscience que chaque actrice n'était pas une Céline Dion avec une voix de cristal. J'ai accordé beaucoup d'importance en revanche à leur interprétation, qui devait être personnelle. »

E.N : Le père n'est-t-il pas finalement le vrai héros du film ?
François Ozon : « J'ai un moment pensé un moment faire interpréter le père par Gérard Depardieu ou Alain Delon, avant de me raviser ...
Dans beaucoup de mes films l'homme est présenté comme fade et lâche, tandis que les femmes souvent les héroïnes. Dans « Sous le sable » par exemple, Bruno Crémer n'est pas le héros. Les victimes ne sont pas des héros face à des femmes fortes comme Catherine Deneuve ou Fanny Ardant... »
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 31 août 2005 17:06

Modifié le vendredi 02 septembre 2005 11:29